The
Faces at Braga
In monastery darkness
by the light of one flashlight
the old shrine room waits in silence.
While above the door
we see the terrible figure,
fierce eyes demanding. "Will you step through?"
And the old monk leads us,
bent back nudging blackness
prayer beads in the hand that beckons.
We light the butter lamps
and bow, eyes blinking in the
pungent smoke, look up without a word,
see faces in meditation,
a hundred faces carved above,
eye lines wrinkled in the hand held light.
Such love in solid wood!
Taken from the hillsides and carved in silence
they have the vibrant stillness of those who made them.
Engulfed by the past
they have been neglected, but through
smoke and darkness they are like the flowers
we have seen growing
through the dust of eroded slopes,
their slowly opening faces turned toward the mountain.
Carved in devotion
their eyes have softened through age
and their mouths curve through delight of the carver's hand.
If only our own faces
would allow the invisible carver's hand
to bring the deep grain of love to the surface.
If only we knew
as the carver knew, how the flaws
in the wood led his searching chisel to the very core,
we would smile too
and not need faces immobilized
by fear and the weight of things undone.
When we fight with our failing
we ignore the entrance to the shrine itself
and wrestle with the guardian, fierce figure on the side of good.
And as we fight
our eyes are hooded with grief
and our mouths are dry with pain.
If only we could give ourselves
to the blows of the carver's hands,
the lines in our faces would be the trace lines of rivers
feeding the sea
where voices meet, praising the features
of the mountain and the cloud and the sky.
Our faces would fall away
until we, growing younger toward death
every day, would gather all our flaws in celebration
to merge with them perfectly,
impossibly, wedded to our essence,
full of silence from the carver's hands.
-- David Whyte
from Where Many Rivers Meet
©1990 Many Rivers Press | Les
Visages à Braga
Dans l'obscurité monacale
à la lumière d'une lampe de poche
l'ancienne chapelle attend en silence.
Alors qu'au-dessus de la porte
on voit la forme terrible,
les yeux ardents qui demandent. "Vas-tu faire le pas?"
Et le vieux moine nous emmène,
le dos courbé repoussant les ténèbres
des perles de prière dans la main qui appelle.
Nous allumons les lampes à huile
et inclinés, battant des paupières dans
la fumée acre, levons le regard sans un mot,
pour voir des visages en méditation,
cent visages sculptés au-dessus de nous,
leurs yeux plissés dans la lumière des lampes.
Tant d'amour dans ce bois dense!
Pris des collines et sculptés en silence
ils ont l'immobilité vibrante de ceux qui les ont créés.
Engloutis par le passé
ils ont été négligés, mais à travers
la fumée et l'obscurité ils sont tels les fleurs
qu'on a vu croître
dans la poussière des pentes érodées,
leurs corolles s'ouvrant lentement vers la montagne.
Sculptés avec dévotion
leurs yeux se sont adoucis avec le temps
et leur bouche s'est courbée sous le plaisir de la main qui
sculptait.
Si seulement notre propre visage
permettait au sculpteur invisible
de faire ressortir en surface le grain profond de l'amour.
Si seulement nous savions
comme le sculpteur savait, comment les défauts
dans le bois guide son burin attentif au plus juste,
nous souririons aussi
et n'aurions pas besoin de visages immobilisés
par la peur et le poids des choses perdues.
Quand nous luttons avec nos faiblesses
nous feignons d'ignorer l'entrée même de la chapelle
et nous bataillons avec le gardien, figure féroce du côté du
bien.
Et tandis que nous luttons
nos yeux sont assombris de chagrin
et nos bouches asséchées de souffrance.
Si seulement nous pouvions nous donner
aux frappes des mains du sculpteur,
les lignes de nos visages seraient comme les lits des rivières
alimentant la mer
où les voix se rencontrent, chantant les louanges
de la montagne et du nuage et du ciel.
Nos visages s'affaisseraient
jusqu'à ce que, rajeunissant vers la mort
jour après jour, nous recueillions toutes nos imperfections,
les célébrant
pour fusionner avec elles, parfaitement,
impossiblement, unis à notre essence,
emplis du silence des mains du sculpteur.
-- David Whyte
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